Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
27 Mars 2010 Pensées
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Pouvoir
Naturellement, tout gouvernement, tout parti au pouvoir prétend agir au nom de l’intérêt général. (...) Reste que l’intérêt général n’est pas une notion abstraite et neutre.
– Lionel Jospin (1937- )
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La raison d’être du pouvoir est d’agir, pas de durer.
– Nicolas Sarkozy (1955- )
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Tout pouvoir, dès qu’il se préoccupe plus de durer que de gouverner, fait de l’instrument une fin et le détourne de ce qui devrait être son unique objectif à savoir la recherche du bien commun. Cette situation n’est pas l’unique fait des sociétés démocratiques modernes puisque l’on est à même de constater dans les récits évangéliques la même peur de perdre le pouvoir de la part de gens qui n’avaient pourtant pas de comptes à rendre ou encore d’élections à se soumettre pour se maintenir en poste. Ainsi, on voit Hérode qui n’hésite pas à décréter le massacre de milliers d’innocents par intérêt bassement personnel, pour soulager sa peur que Jésus, nouvellement né, ne vienne un jour usurper sa couronne. Malheureusement, l’exercice du pouvoir à des fins personnelles ne se limite pas à la société civile. Ainsi, voit-on les pharisiens réunis en grand conseil décider de faire mourir Jésus prétextant même que cela était pour le bien commun : « Vous n'y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple, et que l'ensemble de la nation ne périsse pas » (Jn 11, 49-50), confondant l’intérêt personnel avec celui du peuple, leur préoccupation de durer avec la survie de la nation.
Une telle attitude, qui consiste à succomber à la tentation d’utiliser le pouvoir à des fins personnelles, si elle découle de la faiblesse de la nature humaine, est toutefois d’autant plus répréhensible qu’elle est parfois le fait de ceux qui se prétendent spirituels et dont la foi réclame qu’ils manifestent l’amour de Dieu aux hommes tel que les y incite Jésus : « Vous savez que ceux qu'on regarde comme les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous: au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l'esclave de tous. Aussi bien, le Fils de l'homme lui-même n'est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude. » (Mc 10, 42-45). Tout pouvoir qui n’est pas perçu et vécu comme un service se corrompt, perd de sa légitimité et devient cause de grands maux pour ses obligés, maux qui sont d’autant plus graves que ce pouvoir n’est pas temporel mais spirituel et qu’en conséquence les fidèles sous son emprise risquent de se détourner de Dieu, leur unique Bien et leur unique fin (CECC 2258).