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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Sens de la vie

 

 

Sens

 

En apparence, la vie n'a aucun sens, et pourtant, il est impossible qu'il n'y en ait pas un !

 

 Albert Einstein  (1879-1955)

 

 

 

La quête de sens est au cœur des préoccupations de l’homme. Cela est particulièrement vrai lorsque surviennent les épreuves. Les questions jaillissent alors dans notre esprit : Pourquoi ? Pourquoi moi et pas un autre ? À qui la faute ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un tel sort ? Et pour le croyant : pourquoi Dieu, qui est Amour, permet-il le mal ? Si les questions sont nombreuses, les réponses, quant à elles, se font plus rares, les difficultés et le malheur s’abattant aveuglément et indifféremment sur tous, certains étant parfois plus « choyés » que d’autres, occasionnellement de par leur attitude, notamment ceux qui s’exposent à la foudre parce qu’ils s’élèvent dans leur prétention au-dessus des autres tels les paratonnerres. Mais la règle générale demeure que nous ne « méritons » que rarement le mauvais sort que le destin nous réserve. «Ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu'elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? Eh bien non, je vous le dis » (Lc 13, 4-5).

 

La revue Feu et Lumière dans son édition de novembre 2009 sous la plume de P. Jacques Phillippe propose de modifier notre questionnement face aux difficultés rencontrées dans l’article intitulé Tenir bon dans l’épreuve.

 

La maturité humaine et spirituelle, c’est donc bien souvent de laisser tomber ces questions, d’accepter de ne pas avoir de réponse, et de nous poser la seule question qui mérite en fin de compte d’être posée : quel est l’appel à grandir qui se trouve au cœur de la situation dans laquelle je me trouve ? Alors on obtiendra une réponse…

 

Cette question peur se formuler de plusieurs manières différentes : Quel défi m’est proposé ? Quelle est la décision concrète vers un bien, qui m’est demandée aujourd’hui ? Où est ma responsabilité propre ? Comment puis-je progresser humainement et spirituellement ? Quel est, dans ce temps où je me trouve, le choix qui manifeste le plus de foi, le plus de confiance et le plus d’amour ?  Si nous posons cette seule question, alors nous aurons tôt ou tard une réponse, qui sera non seulement une lumière, mais aussi une force pour aller de l’avant.

 

Fondamentalement, il s’agit de passer du « Pourquoi ? » au « Comment ? ».  Du : « Pourquoi cela arrive-t-il ? » au « Comment vivre cette situation de manière juste ? » Ce qui suppose évidemment d’accepter la situation, comme nous l’avons déjà dit, et qui est parfois le plus difficile, mais absolument nécessaire.

 

Pour dire les choses autrement, dans une situation déterminée, la question fondamentale n’est pas de savoir ce que je suis en droit d’attendre ou d’exiger de la vie, exiger des autres par exemple. Cela est souvent notre attitude spontanée : nous mettons au premier plan nos attentes, nos revendications, nos désirs. Cette attitude est stérile. La vraie question, celle qui est féconde, est de comprendre ce que la vie attend de moi, ce qu’elle exige de moi en telle ou telle circonstance. Ce n’est pas à la vie de répondre à mes attentes, c’est à moi de répondre aux attentes de la vie. Alors, paradoxalement, je trouverai le bonheur. Non comme un but en soi, mais comme l’effet d’une attitude juste, d’une attitude de responsabilité.

 

Victor Frankl, un psychologue autrichien mort en 1997, et qui a passé plusieurs années dans différents camps de concentration, dont Auschwitz, (son vécu donne à sa parole un certain poids), dit la chose suivante : « Ce qu’il faut ici (N.B. face à une personne qui ne perçoit plus le sens de la vie et qui se laisse couler en disant : à quoi bon ? Je n’ai plus rien à attendre de la vie), c’est inverser la question que pose le sens de la vie : nous devons enseigner aux désespérés qu’il ne s’agit à vrai dire jamais de savoir ce que nous attendons de la vie, mais uniquement bien plutôt ce que la vie attend de nous. » Dans un autre texte il dit : « C’est la vie elle-même qui pose à l’homme des questions. Lui n’a pas à interroger, c’est bien plutôt lui que la vie interroge et qui doit répondre à la vie, respondere, en prenant sa “responsabilité” face à la vie. » Cela suppose de toujours dire oui à la vie…

 

Cette attitude est primordiale car elle nous évite, lors de situations d’épreuve et de souffrance, de nourrir des amertumes et des revendications, de nous enfermer dans une attitude de victime, d’apitoiement sur nous-mêmes (« je suis malheureux, c’est la faute des autres, je suis victime des circonstances, de mon passé, de ma famille, de mes blessures, etc. »). En revanche, elle nous permet d’entrer dans une attitude de responsabilité et de confiance, et de recevoir ainsi une lumière, qui donne un sens à notre épreuve, et une force pour tenir bon et grandir. « Je peux tout en celui qui me rend fort » dit saint Paul (Ph 4, 13).

 

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