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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Vertus

 

Vertus

 

I see no virtues where I smell no sweat.

 

 Studs Terkel (1912-2008)  

 

Je ne vois pas de vertus quand ne peux pas sentir la transpiration.

 

 

 

Il n’y a pas de vertu qui vienne sans effort. Certes, la plupart des vertus ne requièrent pas un effort physique pour qui souhaite les acquérir mais un travail de renoncement à des choses ou des comportements auxquels nous sommes attachés, ce qui peut s’avérer plus pénible encore qu’une activité physique intense.

 

Le catéchisme de l’Église catholique (CEC) nous donne la définition suivante de la vertu : « La vertu est une disposition habituelle et ferme à faire le bien. Elle permet à la personne, non seulement d’accomplir des actes bons, mais de donner le meilleur d’elle-même. De toutes ses forces sensibles et spirituelles, la personne vertueuse tend vers le bien ; elle le poursuit et le choisit en des actions concrètes. » (CEC 1803) et y joint cette citation de Grégoire de Nysse : « Le but d’une vie vertueuse consiste à devenir semblable à Dieu », de qui origine toute bonté.

 

Ce document distingue ensuite entre les vertus humaines qui amènent l’homme à pratiquer librement le bien sous la conduite de sa raison et les vertus théologales qui adaptent les facultés de l’homme à la participation de la nature divine, le disposent à entrer en relation avec Dieu (CEC 1812) et qui sont la foi, l’espérance et la charité.

 

Parmi les vertus humaines, le CEC en identifie quatre auxquelles il attribue un rôle charnière : la prudence, la justice, la force et la tempérance.

 

1806 La prudence est la vertu qui dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance notre véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir. " L’homme avisé surveille ses pas " (Pr 14, 15). " Soyez sages et sobres en vue de la prière " (1 P 4, 7). La prudence est la " droite règle de l’action ", écrit saint Thomas (s. th. 2-2, 47, 2) après Aristote. Elle ne se confond ni avec la timidité ou la peur, ni avec la duplicité ou la dissimulation. Elle est dite auriga virtutum : elle conduit les autres vertus en leur indiquant règle et mesure. C’est la prudence qui guide immédiatement le jugement de conscience. L’homme prudent décide et ordonne sa conduite suivant ce jugement. Grâce à cette vertu, nous appliquons sans erreur les principes moraux aux cas particuliers et nous surmontons les doutes sur le bien à accomplir et le mal à éviter.

 

1807 La justice est la vertu morale qui consiste dans la constante et ferme volonté de donner à Dieu et au prochain ce qui leur est dû. La justice envers Dieu est appelée " vertu de religion ". Envers les hommes, elle dispose à respecter les droits de chacun et à établir dans les relations humaines l’harmonie qui promeut l’équité à l’égard des personnes et du bien commun. L’homme juste, souvent évoqué dans les Livres saints, se distingue par la droiture habituelle de ses pensées et la rectitude de sa conduite envers le prochain. " Tu n’auras ni faveur pour le petit, ni complaisance pour le grand ; c’est avec justice que tu jugeras ton prochain " (Lv 19, 15). " Maîtres, accordez à vos esclaves le juste et l’équitable, sachant que, vous aussi, vous avez un Maître au ciel " (Col 4, 1).

 

1808 La force est la vertu morale qui assure dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien. Elle affermit la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale. La vertu de force rend capable de vaincre la peur, même de la mort, d’affronter l’épreuve et les persécutions. Elle dispose à aller jusqu’au renoncement et au sacrifice de sa vie pour défendre une juste cause. " Ma force et mon chant, c’est le Seigneur " (Ps 118, 14). " Dans le monde, vous aurez de l’affliction, mais courage, moi j’ai vaincu le monde " (Jn 16, 33).

 

1809 La tempérance est la vertu morale qui modère l’attrait des plaisirs et procure l’équilibre dans l’usage des biens créés. Elle assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté. La personne tempérante oriente vers le bien ses appétits sensibles, garde une saine discrétion et " ne se laisse pas entraîner pour suivre les passions de son cœur " (Si 5, 2 ; cf. 37, 27-31). La tempérance est souvent louée dans l’Ancien Testament : " Ne te laisse pas aller à tes convoitises, réprime tes appétits " (Si 18, 30). Dans le Nouveau Testament, elle est appelée " modération " ou " sobriété ". Nous devons " vivre avec modération, justice et piété dans le monde présent " (Tt 2, 12).

 

Un ou plusieurs actes isolés destinés à faire le bien ne font pas de celui qui les pose un homme vertueux. C’est l’habitude, la constance à accomplir le bien peu importe ce qu’il puisse en coûter à certains moments qui confèrent à de bonnes dispositions leur caractère vertueux. Dans un monde capitaliste, ce sont souvent les sommes d’argent en jeu et leur importance relative qui permettent de vérifier les dispositions véritables d’un homme à être fidèle à ses principes et de choisir pour le bien. Cela était d’ailleurs déjà un critère à l’époque de Jésus : « là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (Lc 12, 34).

 

 

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