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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Ressentiment

 

Ressentiment

 

Resentment is like taking poison and waiting for the other person to die.

 

 Malachy McCourt (1931-         )

 

Le ressentiment c’est comme ingurgiter un poison et attendre que l’autre personne meure.

 

 

Voilà bien la plus belle description des effets du ressentiment qu’il m’ait été donné de lire. La personne qui en blesse une autre agit rarement par méchanceté. Ce sont plutôt le manque d’attention aux autres et à leurs sentiments et la trop grande préoccupation de sa propre personne  qui la conduisent à poser des gestes regrettables, la plupart du temps à son insu, qui viennent empoisonner la vie des autres. Garder rancune dans le but de punir des gens qui font peu de cas d’autrui voilà bien un coup d’épée dans l’eau, une initiative qui ne risque que de blesser davantage la victime de la faute ou à tout le moins de maintenir sa douleur en conservant la plaie bien vivante de préférence à la laisser se cicatriser.

 

« Nul ne peut servir deux maîtres » (Mt 6, 24), amour et haine ne peuvent cohabiter dans un même cœur, nous ne pouvons aimer véritablement certaines personnes tout en détestant d’autres. Ou bien nous aimons de façon gratuite et universelle jusqu’à nos ennemis (Mt 5, 44), de l’amour même de Dieu qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45) ou notre amour n’est qu’une contrefaçon de l’amour véritable, un amour dont la gratuité s’estompe et qui s’attend à être payé de retour, un amour sélectif, égoïste, qui s’intéresse plus à son intérêt personnel, aux conséquences futures favorables du « don » pour nous-mêmes plutôt que sur l’impact positif que notre amour aura sur la vie des bénéficiaires de nos bons sentiments.

 

 « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » disons-nous dans la prière du notre Père, étant juste que « la mesure dont nous nous servons pour autrui serve aussi de mesure pour nous » (Mt 7, 2). Même si cela est louable, ne s’agit-il pas là d’un pardon intéressé, où nous espérons recevoir de Dieu une compensation que nous n’obtiendrons pas de la part de l’offenseur? Mais il s’agit néanmoins d’un premier pas dans la bonne direction.

 

La raison fondamentale du pardon est de préserver l’amitié de Dieu, de demeurer près de Lui et en Lui, Lui que nous ne saurions aimer si lui-même ne nous avait aimé le premier (Ode de Salomon), de l’aimer parce qu’il nous aime, imperceptiblement, silencieusement, entretenant le commerce de l’amour par un don gratuit qui répond à un autre don gratuit. 

 

Dieu étant Amour, aucune vie spirituelle n’est possible pour qui ne pardonne pas à son prochain.

 

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