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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Sauver les riches

 

Sauver les riches

 

If a free society cannot help the many who are poor, it cannot save the few who are rich.

 

 John Fitzgerald Kennedy (1917-1963), discours d’investiture, 1961

 

Si une société libre ne peut aider la majorité qui est pauvre, elle ne peut sauver la minorité qui est riche.

 

 

 

Près d’un demi-siècle plus tard, ce constat du président Kennedy demeure brûlant d’actualité en ce temps de crise où les sociétés les plus puissantes et les plus riches n’hésitent pas à quémander d’une main l’aide des gouvernements tout en continuant de gratifier de l’autre main leurs dirigeants avec des bonis et avantages divers telle l’utilisation de jets privés. Ainsi, le président Obama s’est-il indigné à juste titre de ce que les dirigeants de Wall Street aient pu se verser 18,4 milliards de dollars de bonis en 2008, le sixième plus haut montant de l’histoire en chiffres absolus, alors que le gouvernement américain a dû accorder un plan d’aide de 700 milliards de dollars à ce secteur de l’économie américaine.

 

S’il apparaît indéniable que la disparition de ces sociétés causerait un tort important à l’ensemble de la population et qu’à ce titre il faille les soutenir, il faut se questionner sur la manière la plus appropriée de le faire afin qu’une telle aide desserve le mieux possible le bien commun. Ainsi, le prêt de sommes d’argent ou la prise de participations dans le capital de ces sociétés est-il largement préférable au versement de subventions qui sont des dons gratuits. La situation finira-t-elle par se renverser que les contribuables pourront récupérer les sommes investies et, dans les cas de participation à l’actionnariat, même faire des profits lorsque ces sociétés redeviendront rentables.

 

La santé d’une société passe inévitablement par le traitement qu’elle octroie à ses plus démunis, à l’équité avec laquelle elle redistribue ses richesses. À ce chapitre les sociétés civiles devraient, à l’exemple de l’Église catholique, accorder une option préférentielle aux plus pauvres afin de maintenir un équilibre, les mieux nantis, en dépit de leur nombre restreint, ayant les moyens de faire entendre leur voix.

 

Il est également de la responsabilité des plus fortunés d’aider ceux qui ont été moins choyés par la vie ainsi que le démontre la parabole de Lazare et de l’homme riche : « Il y avait un homme riche qui se revêtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour brillante chère. Et un pauvre, nommé Lazare, gisait près de son portail, tout couvert d'ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche... Bien plus, les chiens eux-mêmes venaient lécher ses ulcères. Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche aussi mourut, et on l'ensevelit. Or il advint que le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d'Abraham. Le riche aussi mourut, et on l'ensevelit. Dans l'Hadès, en proie à des tortures, il lève les yeux et voit de loin Abraham, et Lazare en son sein. Alors il s'écria: Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper dans l'eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car je suis tourmenté dans cette flamme. Mais Abraham dit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare pareillement ses maux; maintenant ici il est consolé, et toi, tu es tourmenté. Ce n'est pas tout: entre nous et vous un grand abîme a été fixé, afin que ceux qui voudraient passer d'ici chez vous ne le puissent, et qu'on ne traverse pas non plus de là-bas chez nous… » (Lc 16, 19-16). Ce qui frappe dans cette histoire, est que contrairement à ce qui se passe dans la vie quotidienne, c’est le pauvre qui a un nom, qui est connu (il est connu de Dieu car Dieu souffre avec et en lui, ce Dieu qui nous a dit : « dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Mt 25, 40)), alors que le riche, sans nom, se fond dans la masse, n’est pas connu de Dieu car il ne pratique pas son commandement d’amour. Et Jésus de conclure : « Il est impossible que les scandales n'arrivent pas, mais malheur à celui par qui ils arrivent! Mieux vaudrait pour lui se voir passer autour du cou une pierre à moudre et être jeté à la mer que de scandaliser un seul de ces petits. Prenez garde à vous! "Si ton frère vient à pécher, réprimande-le et, s'il se repent, remets-lui»  (Lc 17, 1-3). Et devant la difficulté soit d’éviter les fautes, soit de les pardonner, les disciples de s’écrier : « Augmente en nous la foi! » (Lc 17, 5), reconnaissant humblement leurs limites et le besoin du soutien divin pour y arriver, ce que Augustin d’Hippone a exprimé sous forme de prière : « Seigneur, demande-moi ce que tu veux, mais donne-moi ce que tu me demandes ».

 

 

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