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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Dimanche

 

Dimanche

 

La banalisation du dimanche est-elle à proscrire : il s’agit pour les capitalistes qui la promeuvent de saturer le temps par la consommation, en réduisant le déroulement de la vie à la marchandisation générale. Il nous faut des temps vides ! Et goûter la lenteur. « Une bonne partie de l’oppression contemporaine est une oppression sur le temps, remarque le philosophe Alain Badiou (1937-        ). Nous sommes contraints à un temps découpé, discontinu, dispersé, dans lequel la rapidité est un élément majeur. Ce temps n’est pas le temps du projet, mais celui de la consommation, du salariat. Le courage pourrait consister à essayer d’imposer une autre temporalité. »

 

 Hervé Kempf , Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, p. 130.

 

 

 

Je trouve intéressant que certains se questionnent sur la pertinence de s’octroyer un temps de repos collectif le dimanche pour des raisons autres que religieuses. Disposer d’un temps de repos commun, c’est s’octroyer du temps pour réfléchir ensemble, prendre du recul. Cela constitue un pas facile dans la réduction de consommation que l’on cherche à induire pour sauvegarder l’environnement car il ne faut pas se leurrer : si les marchands laissent leurs commerces ouverts le dimanche, c’est parce que la consommation s’en retrouve accrue et qu’il ne s’agit pas simplement de répartir sur sept jours, une consommation qui s’étalait auparavant sur six jours dans les pays chrétiens. Bénéficier d’un temps libre commun encourage les interactions sociales et aide à combattre le climat individualiste qui dessert si bien le capitalisme en permettant à une minorité de régner économiquement par la division de la majorité.

 

Lorsqu’on s’y attarde, on constate que les préceptes divins, loin d’asservir l’homme, constituent des pistes pour l’aider dans sa quête du bonheur, des règles pour aimer en vérité, le plan d’amour de Dieu sur lui. Faisons-nous fi de ces règles, que notre désobéissance altère notre relation à Dieu mais en plus vient-elle détériorer, bien souvent à notre insu, notre qualité de vie, Dieu en bon Père ayant proposé des limites à notre liberté pour notre propre bien et non comme le résultat de quelque caprice de sa part. Le repos du septième jour (Gn 2, 2) fait partie des délicates attentions du Père des cieux pour ses enfants. Que l’intention poursuivie par ce repos soit le bien de l’homme, Jésus l’affirme: « Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat » (Mc 2, 27). Le spirituel doit s’interroger à savoir s’il veut consacrer cette journée au dieu argent, de la consommation, ou au Dieu véritable. Encore là, ne peut-il servir deux maîtres (Mt 6, 24) !

 

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