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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Individualisme

 

Individualisme

 

Chaque individu s’efforce continuellement de trouver l’emploi le plus avantageux pour tout le capital dont il peut disposer. – Adam Smith  (1723-1790)

 

L’homme doit vivre pour son propre intérêt, ne sacrifiant ni lui-même aux autres, ni les autres à lui-même. Vivre pour son propre intérêt signifie que l’accomplissement de son propre bonheur est le plus haut but moral de l’homme. – Ayn Rand  (1905-1982), La vertu d’égoïsme

 

Qui est la société ? Une telle chose n’existe pas ! Il y a des individus, hommes et femmes, et il y a des familles, et le gouvernement ne peut rien sinon à travers les gens, et les gens s’occupent d’abord d’eux-mêmes… La société n’existe pas. – Margaret Thatcher  (1925-        )

 

La plus grande victoire du capitalisme est d’avoir transformé la conscience publique, en la convaincant de donner à l’individu une position démesurée par rapport aux relations humaines.

 

Individualisme méthodologique : seul l’individu est une unité pertinente d’analyse, et la société est un ordre qui émerge spontanément des choix faits par chaque être humain.

 

Dire que la trajectoire d’un individu ne dépend que de lui-même signifie aussi que seuls les meilleurs réussissent. La position des dominants découle dès lors d’une sorte de loi naturelle… Inversement, les pauvres n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes de leur médiocre situation.

 

Kempf, Hervé, Pour sauver la planère, sortez du capitalisme, Seuil, pp. 40-43

 

 

Comment en sommes-nous arrivés à l’état de crise économique et environnementale que nous connaissons ? En faisant de l’égoïsme une vertu, en élevant les intérêts individuels au-dessus de ceux de la collectivité. Nous avons oublié que ce qui est bon pour l’ensemble bénéficie à tous les membres qui en font partie pour affirmer que seul compte le bien-être personnel de chacun sans égard aux conséquences sur le groupe auquel il appartient ou sur les générations futures. Ce qui arrive aux autres est leur problème, leur responsabilité. Nous avons évacué la religion de nos vies car le message des spirituels de se mettre au service les uns des autres à l’exemple du Christ qui a lavé les pieds de ses disciples (Jn 13, 1-15), d’aimer sans espoir de retour l’autre, allait à l’encontre du bonheur illusoire promis par la société à ceux qui consommeraient le plus de biens et services. Nous avons cru ceux qui, par recherche du profit, ont transféré les emplois de production outre-mer pour bénéficier de coûts de main-d’œuvre moins chère prétextant qu’une économie de service, de vivre en rentiers sur la richesse accumulée par nos ancêtres ou nous-mêmes était possible, que seule comptait la maximisation des biens et services que pouvait nous procurer notre argent.

 

Comment allons-nous nous en sortir ? En prenant le chemin inverse. Nous devons réapprendre les vertus de la solidarité et de la coopération, nous devons consommer de façon plus responsable, se préoccuper de l’impact de nos comportements individuels sur la société et les générations futures, faire des sacrifices pour le bien commun et, pour les spirituels, remettre Dieu et son commandement d’amour au centre de leur vie.

 

Les spirituels doivent, par leur espérance et leur souci des autres, devenir lumière du monde, eux qui mettent leur foi en un Dieu miséricordieux qui pardonne et peut faire toutes choses nouvelles : « Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ?  par tes péchés tu m'as traité comme un esclave, par tes fautes tu m'as fatigué. Mais moi, oui, moi, je pardonne tes révoltes, à cause de moi-même, et je ne veux plus me souvenir de tes péchés. Ainsi parle le Seigneur, qui t'a fait, qui t'a formé dès le sein maternel et qui t'aide: Ne crains pas. » (Is 43, 18-19.24-25 44, 1). Nous avons expérimenté les limites d’un monde régi par l’égoïsme individuel. À nous de nous tourner vers les valeurs de solidarité, vers l’Amour, si nous voulons survivre au désastre économique et écologique provoqué par notre individualisme.

 

Joignons-nous à l’apôtre Paul : « les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu: si elle fut assujettie à la vanité, -- non qu'elle l'eût voulu, mais à cause de celui qui l'y a soumise, -- c'est avec l'espérance d'être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet, toute la création jusqu'à ce jour gémit en travail d'enfantement. (Rm 8, 18-22). Plus intenses se font les douleurs, plus près sommes-nous du temps de la délivrance. Devenons des agents de ce monde nouveau d’équité, de justice et de partage auxquels nous sommes invités à entrer pour libérer la planète, elle-même, du joug auquel nous l’avons soumise par notre égoïsme.

 

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