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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Autre monde

 

 

Autre monde

 

Rien ne nous pénètre mieux de l'espoir et de la foi en un autre monde que l'impossibilité pour notre amour de fructifier véritablement dans ce monde de chair et d'apparences.

 

 Miguel de Unamuno (1864-1936)

 

 

 

Il est vrai qu’il est difficile pour notre amour de fructifier en ce monde où nous sommes prisonniers d’un corps qui réclame que l’on satisfasse ses besoins alors que l’amour exige que l’on pense prioritairement à l’autre et au bien de celui-ci. Même les proches de Jésus cherchent à s’emparer de lui, pensant qu’ « il a perdu la tête », lorsqu’il ne s’arrête pas pour manger afin de s’occuper de la foule qui se presse autour de lui (Mc 3, 20-21). Cependant, c’est dans ce monde imparfait de chair et d’apparences que nous devons livrer le combat de l’amour si nous voulons espérer en jouir pour l’éternité. C’est un combat de chaque instant qui n’est jamais gagné, ni perdu d’ailleurs, jusqu’à ce que nous rendions notre dernier souffle. Le larron en croix se voit promettre le paradis pour le simple fait d’avoir vaincu les apparences et reconnu la divinité en Jésus crucifié : « aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis » (Lc 23, 42). S’il est vrai que nous disposons jusqu’au dernier instant pour aimer en vérité comme l’illustre la parabole des travailleurs de la dernière heure qui reçoivent le même salaire que ceux qui ont peiné toute la journée (Mt 20, 1-16), qui repousse continuellement à plus tard le devoir d’aimer risque de se faire prendre au dépourvu comme les vierges folles (Mt 25, 1-13) ou encore d’être incapable d’en faire l’effort le moment venu, pris au piège de l’habitude de penser d’abord à lui-même avant les autres et Dieu.

 

Personnellement, j’aime bien la comparaison que Thérèse de Lisieux fait de nous-mêmes avec un petit enfant, du constat de l’inutilité de nos efforts qui bien qu’ils ne nous élèverons jamais jusqu’à Dieu sont tout de même essentiels pour qu’Il se penche vers nous et nous prenne avec Lui, non comme un salaire venant récompenser notre peine, mais par pur amour : « Vous me faites penser au tout petit enfant qui commence à se tenir debout, mais ne sait pas encore marcher. Voulant rejoindre sa mère au haut d'un escalier, il lève son petit pied pour monter la première marche. Peine inutile! Il retombe toujours sans pouvoir avancer. Eh bien, consentez à être ce petit enfant. Par la pratique de toutes les vertus, levez toujours votre petit pied pour gravir l'escalier de la Sainteté. Vous n'arriverez même pas à monter la première marche, mais le bon Dieu ne demande de vous que la bonne volonté. Bientôt, vaincu par vos efforts inutiles, il descendra lui-même, et, vous prenant dans ses bras, vous emportera pour toujours dans son royaume. »

 

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