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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Bonheur

 

Bonheur

 

I never, indeed, wavered in the conviction that happiness is the test of all rules of conduct, and the end of life. But I now thought that this end was only to be attained by not making it the direct end. Those only are happy (I thought) who have their minds fixed on some object other than their own happiness; on the happiness of others, on the improvement of mankind, even on some art or pursuit, followed not as a means, but as itself an ideal end. Aiming thus at something else, they find happiness by the way. The enjoyments of life (such was now my theory) are sufficient to make it a pleasant thing, when they are taken en passant, without being made a principal object. Once make them so, and they are immediately felt to be insufficient. They will not bear a scrutinizing examination. Ask yourself whether you are happy, and you cease to be so. The only chance is to treat, not happiness, but some end external to it, as the purpose of life.

 

  John Stuart Mill  (1806-1873), Autobiography, Chapter V

 

Je n’ai jamais, de fait, chancelé dans la conviction que le bonheur est ce qui valide toutes les règles de conduite et constitue le but de la vie. Mais je pense maintenant que ce but ne pouvait être atteint qu’en n’en faisant pas une fin immédiate. Seuls sont heureux (j’ai pensé) ceux dont l’esprit se concentre à un objet autre que leur propre bonheur; au bonheur des autres, à l’amélioration de la condition humaine, même à un art ou une activité quelconque, poursuivis non comme des moyens, mais comme un idéal en soi. Aspirant de cette façon à autre chose, ils trouvent le bonheur en cours de route. Les plaisirs de la vie (telle était maintenant ma théorie) sont suffisants pour en faire une chose agréable, quand on en jouit en passant, sans en faire un but premier. S’il nous arrive de faire ainsi, ils apparaissent immédiatement comme insuffisants. Ils ne survivront pas à un examen minutieux. Demandez-vous si vous êtes heureux et vous cesserez de l’être. La seule chance d’y arriver est de traiter, non le bonheur, mais une fin quelconque qui lui est étrangère comme étant le but de la vie.

 

 

Peine inutilement celui qui fait quelque chose dans le seul but d’être heureux. Trouve (accidentellement ?) le bonheur celui qui s’adonne à une activité qui lui procure une satisfaction quelconque que ce soit d’avoir procuré de  la joie à autrui, satisfait un besoin quelconque, accompli son devoir, repoussé ses limites ou simplement occupé agréablement son temps. La recette du bonheur consiste à ne pas se préoccuper de son propre bonheur mais de goûter pleinement tout le potentiel qui nous est offert par le moment présent pour en jouir. Un bon moyen d’agir de la sorte est de se montrer reconnaissants pour ce que nous sommes, pour ce que nous possédons ou auquel nous avons accès, pour ces gens qui font une différence dans notre vie, pour cette vie même dans laquelle nous sommes maintenus…Apprécier ce que nous avons plutôt que de désirer ce qui nous fait défaut constitue déjà une bonne partance pour qui veut être heureux.

 

Le spirituel authentique, n’étant pas centré sur lui-même mais sur Dieu et sur les autres, en plus d’aspirer à la vie éternelle, a beaucoup plus de chance de goûter le bonheur dès cette vie que celui qui, faute de trouver un sens à son existence, cherche activement à en jouir le plus possible et bien souvent égoïstement, la recherche active du bonheur se révélant vaine comme le constatait Mill.

 

Pour ma part, je trouve que la recette du bonheur peut se résumer à cette phrase de Jésus : « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Mt 10, 8). D’abord, considérer tout ce que nous avons, que nous l’avons reçu de Dieu, généralement par personnes interposées. Puis se sentir redevables pour ce qui a été reçu, se considérer les fiduciaires plutôt que les propriétaires, ne pas s’attacher au patrimoine actuel et reconnaître comme Job que Dieu peut reprendre en tout temps ce qu’il nous a en définitive que prêté : « Nu, je suis sorti du sein maternel, nu, j'y retournerai. Yahvé avait donné, Yahvé a repris: que le nom de Yahvé soit béni! » (Jb 1, 21). Conscient d’avoir tout reçu du Créateur, il s’en suit que la prière de louange se veut l’un des devoirs premiers du spirituel et pourtant… n’avons-nous pas tendance à nous spécialiser dans la prière de demande!  Enfin, tout débiteur doit s’efforcer de rembourser sa dette (à tout le moins dans le monde dans lequel j’ai été élevé et qui est différent d’aujourd’hui où on incite citoyens et états à s’endetter toujours davantage !) et trouve joie à rendre à celui qui lui a fait confiance. Certes, nul ne peut prétendre rendre à Dieu tout le bien qu’Il lui a fait mais redonner à autrui et à l’Église ne serait-ce qu’une parcelle du don reçu se veut une source de joie, bonifiée occasionnellement par le bonheur affiché par les bénéficiaires. Le don appelant le don, étrangement, nous nous enrichissons plus que nous ne donnons selon les paroles du Seigneur à Catherine de Sienne : « Fais-toi capacité et je me ferai Torrent ». Plus nous donnons, plus nous nous dépouillons de nous-mêmes plus nous nous devenons aptes à recevoir de Dieu et même à accueillir Dieu lui-même conformément aux paroles de Jésus : « Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera et nous viendrons vers lui et nous nous ferons une demeure chez lui » (Jn 14, 23), Dieu qui est l’ultime, l’unique source du bonheur de l’homme. Créés par Lui, nous sommes appelés à retourner vers Lui, là où notre existence trouvera son accomplissement véritable et nous le bonheur en plénitude !

 

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