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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Choisir

 

Choisir

 

Lorsqu'on ne choisit pas, on ne peut aimer ni les choses ni les êtres. Au mieux peut-on les voir avec indifférence.

 

Victor-Lévy Beaulieu  (1945-        ), L’héritage

 

 

Aimer oblige à choisir. Qui dit aimer tout indifféremment, n’aime rien en particulier, personnes ou choses. Il n’y a pas d’amour qui ne demande un renoncement quelconque, l’amour des autres et de Dieu requérant de « renoncer à soi-même » (Lc 9, 23) à certaines préférences ou désirs personnels. L’incapacité de choisir et donc d’aimer, qui lui est conséquente, exclura du Royaume ceux qui se sont refusé à décider en cette vie : « Ainsi, puisque te voilà tiède, ni chaud ni froid, je vais te vomir de ma bouche » (Ap 3, 16). Le choix vital du spirituel est de décider d’aimer, aimer les autres le rapprochant de Dieu et aimer Dieu le rapprochant des autres comme l’explique si bien Dorothée de Gaza :

 

Plus on est uni au prochain, plus on est uni à Dieu. Pour que vous compreniez le sens de cette parole, je vais vous donner une image tirée des Pères : Supposez un cercle tracé sur la terre, c'est-à-dire une ligne tirée en rond avec un compas, et un centre. On appelle précisément centre le milieu du cercle. Appliquez votre esprit à ce que je vous dis. Imaginez que ce cercle c'est le monde, le centre Dieu, et les rayons les différentes voies ou manières de vivre des hommes. Quand les saints, désirant approcher de Dieu, marchent vers le milieu du cercle, dans la mesure où ils pénètrent à l'intérieur, ils se rapprochent les uns des autres en même temps que de Dieu. Plus ils s'approchent de Dieu, plus ils se rapprochent les uns des autres ; et plus ils se rapprochent les uns des autres, plus ils s'approchent de Dieu.

 

      Et vous comprenez qu'il en est de même en sens inverse, quand on se détourne de Dieu pour se retirer vers l'extérieur : il est évident alors que, plus on s'éloigne de Dieu, plus on s'éloigne les uns des autres, et que plus on s'éloigne les uns des autres, plus on s'éloigne aussi de Dieu.

 

      Telle est la nature de la charité. Dans la mesure où nous sommes à l'extérieur et que nous n'aimons pas Dieu, dans la même mesure nous avons chacun de l'éloignement à l'égard du prochain. Mais si nous aimons Dieu, autant nous approchons de Dieu par la charité pour lui, autant nous communions à la charité du prochain ; et autant nous sommes unis au prochain, autant nous le sommes à Dieu.

 

Il n’est donc pas étonnant que l’amour s’attiédisse dans un monde qui s’éloigne de son Centre et, inversement, que s’éloignent de Dieu ceux qui se préoccupent plus d’eux-mêmes que des autres.

 

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