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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Joie

 

Joie

 

Contre toutes les machinations et les ruses de l'ennemi, ma meilleure défense c'est encore l'esprit de joie. Le diable n'est jamais si content que lorsqu'il a pu ravir à un serviteur de Dieu la joie de son âme. Il a toujours une réserve de poussière qu'il souffle dans la conscience par quelque soupirail, afin de rendre opaque ce qui est pur ; mais dans un cœur gonflé de joie, c'est en vain qu'il essaie d'introduire son poison mortel. Les démons ne peuvent rien contre un serviteur du Christ qu'ils trouvent plein de sainte allégresse ; tandis qu'une âme chagrine, morose et déprimée se laisse facilement submerger par la tristesse ou accaparer par de faux plaisirs.

 

François d’Assise  (1181-1226)

 

 

Nous avons tendance à considérer la joie comme une conséquence d’un événement. Aussi la vision de François est-elle originale, lui qui la considère comme une arme défensive au même titre que certains arts martiaux qui protègent physiquement la personne en lui enseignant uniquement comment esquiver les coups. Je réalise combien vraie est cette affirmation non seulement dans le monde spirituel mais dans la vie quotidienne quand je revois un dirigeant d’entreprise avec lequel j’ai eu à travailler en début de carrière et qui conservait continuellement un sourire énigmatique quelles que soient les circonstances. La joie qu’il affichait désarmait ceux qui s’opposaient à lui car rien ne paraissait l’atteindre et il ne déviait jamais du chemin qu’il s’était tracé, les gens ne s’acharnant pas à persévérer à utiliser des moyens qui ne semblaient avoir aucun effet sur lui. À l’inverse, nous pouvons mesurer toute l’ampleur du drame des personnes que la dépression rend vulnérables, le moindre événement susceptible de contrecarrer leurs projets ou ayant l’apparence de le faire, les désarmant totalement.

 

Le spirituel trouve sa joie dans la certitude d’accéder au salut, certitude qu’il détient non en vertu d’un mérite quelconque de sa part, ce qui le rendrait aléatoire, mais de la miséricorde divine qui ne saurait faire défaut à qui repose sur elle et qui, en retour, se montre indulgent envers les autres en vertu du devoir de réciprocité qui accompagne une telle faveur tel que démontré par la parabole du débiteur impitoyable : « Serviteur méchant, toute cette somme que tu me devais, je t'en ai fait remise, parce que tu m'as supplié; ne devais-tu pas, toi aussi, avoir pitié de ton compagnon comme moi j'ai eu pitié de toi? Et dans son courroux son maître le livra aux tortionnaires, jusqu'à ce qu'il eût remboursé tout son dû. C'est ainsi que vous traitera aussi mon Père céleste, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur » (Mt 18, 32-35). Qui plus est, le pardon accordé répandra la joie dans le cœur des bénéficiaires et même au-delà de celui-ci, transformant quelque peu le monde à l’image du Royaume dont il espère faire partie pour l’éternité. Devant un tel bienfait, comment ne pas s’écrier avec le psalmiste : Rends-moi la joie d’être sauvé, et que l'esprit généreux me soutienne! (Ps 51, 14). La louange de Dieu se veut un excellent remède pour le spirituel qui aurait momentanément perdue la joie. On peut alors parler d’un « sacrifice de louange » (He 13, 15) auquel Dieu prend plaisir et ne saurait laisser sans récompense, accordant à qui l’offre de récupérer le bien si précieux de la joie.

 

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