Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
18 Juillet 2010 Pensées
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Colère
Jamais le sage ne se met en colère.
– Cicéron (106-43), Pro murena
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Le dictionnaire le Petit Larousse définit la colère comme un état violent et passager résultant du sentiment d’avoir été agressé ou offensé et qui se traduit par des réactions agressives. Jamais le sage ne se met en colère car la sagesse est d’abord et avant tout la maîtrise de soi en tout moment et en toutes choses notamment de ses passions et de sa langue.
Pourquoi alors les textes sacrés parlent-ils alors de la colère de Dieu ? Dieu aurait-il une imperfection quelconque en Lui ? Certes pas ! Les écrits sacrés contiendraient-ils des faussetés ? Non plus puisque les croyants reconnaissent qu’ils ont été inspirés par Dieu. Où est le problème alors ? D’une part, d’une mauvaise compréhension de la nature de Dieu, particulièrement dans l’ancien Testament, alors que la Révélation qu’Il faisait de lui-même à son peuple, et à travers son peuple à tous les hommes, était encore partielle et avait à être complétée par la venue de son Serviteur annoncée par la prophète Isaïe : « Voici mon serviteur que j'ai choisi, mon bien-aimé en qui j'ai mis toute ma joie. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne protestera pas, il ne criera pas, on n'entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu'à ce qu'il ait fait triompher le jugement. Les nations païennes mettent leur espoir en son nom » (Mt 12, 17-21). Mais alors pourquoi parler encore de la colère de Dieu dans le Nouveau Testament ? Principalement à cause des limites du langage et de celui qui transmet le message à en traduire parfaitement la teneur ce que l’apôtre Paul a expérimenté lui-même alors « qu'il fut ravi jusqu'au paradis et qu'il entendit des paroles ineffables, qu'il n'est pas permis à un homme de redire » (2 Co 12,4). Certes Dieu est agressé et offensé par la conduite de l’homme qui se détourne de Lui et il serait en droit de se mettre en colère contre lui mais pourtant point d’agressivité de sa part. Dieu n’est pas un homme pour (Nb 4, 19) se mettre en colère. Cependant, lorsque l’homme se fait trop insistant pour que Dieu sorte de son existence, Dieu se retire et le livre à lui-même ce qui, pour certains, a toutes les apparences d’une punition et d’un geste de colère alors que, de fait, Il ne fait qu’exaucer le vœu que celui-ci aura maintes fois manifesté en paroles ou en actes le souhait de Le voir évacuer son existence. Cela survient presque en dernier recours après avoir fait preuve de beaucoup de patience à l’égard de qui le renie, ce que le psalmiste manifeste ainsi : « Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour » (Ps 144, 8). Que fait Jésus, modèle du Père, à l’égard de ceux qui le rejettent et cherchent à le faire périr ? Jésus, l'ayant appris, quitta cet endroit ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais Jésus leur défendit vivement de le faire connaître (Mt 12, 14-15). Il laisse ceux qui le rejettent à leurs mauvaises intentions et fait bénéficier ceux qui le suivent des grâces tant matérielles que spirituelles qu’il avait à distribuer. Jamais ne se met-il en colère, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il soit possible d’agir indûment sans récolter éventuellement le juste salaire de sa conduite ou de se priver d’éventuels bienfaits dont on peut ignorer jusqu’à l’existence même.