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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Expérience

 

Expérience

 

Que les jeunes soient persuadés que l'expérience enseigne bien des choses, et aux grands cerveaux plus qu'aux petits !

 

François Guichardin  (1483-1540), Souvenirs politiques et civiques

 

 

 

Nous devons nous garder de déprécier l’expérience des autres sous peine de tomber dans les mêmes pièges qu’eux sinon de similaires. J’ai travaillé dans une entreprise dont les jeunes ingénieurs fraîchement émoulus des écoles déconsidéraient l’expérience des employés plus âgés sous prétexte qu’il était dit autre chose dans leurs livres pour finalement refaire les mêmes erreurs que leurs prédécesseurs et voir leur crédibilité grandement entachée.

 

À plus grande échelle, l’humanité doit se souvenir des erreurs commises, particulièrement durant les vingtième siècle, sans quoi vaines demeureront les souffrances subies par les victimes d’idéologies qui ont asservi l’homme qu’elles prétendaient libérer. La lettre encyclique Centisimus annus du défunt pape Jean-Paul II cherche à identifier la cause de telles dérives afin d’éviter qu’elles ne se reproduisent :

 

À l'époque moderne, s'est dressé le totalitarisme qui, dans sa forme marxiste-léniniste, considère que quelques hommes, en vertu d'une connaissance plus approfondie des lois du développement de la société, ou à cause de leur appartenance particulière de classe et de leur proximité des sources les plus vives de la conscience collective, sont exempts d'erreur et peuvent donc s'arroger l'exercice d'un pouvoir absolu. Il faut ajouter que le totalitarisme naît de la négation de la vérité au sens objectif du terme : s'il n'existe pas de vérité transcendante, par l'obéissance à laquelle l'homme acquiert sa pleine identité, dans ces conditions, il n'existe aucun principe sûr pour garantir des rapports justes entre les hommes. Leurs intérêts de classe, de groupe ou de nation les opposent inévitablement les uns aux autres. Si la vérité transcendante n'est pas reconnue, la force du pouvoir triomphe, et chacun tend à utiliser jusqu'au bout les moyens dont il dispose pour faire prévaloir ses intérêts ou ses opinions, sans considération pour les droits des autres. Alors l'homme n'est respecté que dans la mesure où il est possible de l'utiliser aux fins d'une prépondérance égoïste. Il faut donc situer la racine du totalitarisme moderne dans la négation de la dignité transcendante de la personne humaine, image visible du Dieu invisible et, précisément pour cela, de par sa nature même, sujet de droits que personne ne peut violer, ni l'individu, ni le groupe, ni la classe, ni la nation, ni l'État. La majorité d'un corps social ne peut pas non plus le faire, en se dressant contre la minorité pour la marginaliser, l'opprimer, l'exploiter, ou pour tenter de l'anéantir.

 

Si le marxisme n’est plus d’actualité, le libéralisme, lui, fort de la chute de son adversaire, domine outrageusement la scène politique et les dangers du totalitarisme dénoncés par Jean-Paul II sont bien présents alors que l’on assiste à une lutte sans merci des groupes d’intérêts pour imposer leur point de vue à l’ensemble alors qu’il suffit d’obtenir une vote de plus que les opposants pour définir ce qui est bien ou mal, se voir investi du droit de vie ou de mort…

 

À plus petite échelle, au niveau individuel et spirituel, le récit de l’apôtre Thomas qui refuse de croire en la résurrection du Christ en dépit du témoignage des autres disciples (Jn 20, 24-29) soulève la difficulté qu’a l’homme de mettre sa foi en Dieu en dépit des indices qu’Il nous donne de sa présence et du témoignage de ceux qui ont eu le privilège d’en faire une expérience plus approfondie. Croire n’est pas facile, aujourd’hui possiblement encore moins qu’hier alors qu’il n’y a pratiquement plus de secrets que la science n’arrive à percer par expérience empirique et que les faiblesses des hommes que nous admirions sont étalées au grand jour. Habitué de toucher, déçu par ce qu’il découvre de ses héros, l’homme moderne, comme Thomas, accorde difficilement sa confiance. Thomas se voir cependant accorder lui aussi le privilège de rencontrer Jésus ressuscité qui le conduit beaucoup plus loin à savoir de confesser la divinité de celui-ci : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jn 20, 28). Nombreux sont les récits de gens qui étaient à la recherche sincère de la Vérité à qui il a été donné de faire une expérience particulière de Dieu. Sommes-nous dans le doute, crions nous aussi vers le ciel « Je crois! Viens au secours de mon manque de foi! » (Mc 9, 24), Dieu ne restera pas insensible à notre détresse. Dieu semblerait-il demeurer sourd à nos demandes, consolons-nous en pensant que nous avons grand mérite à continuer de croire sans voir : « Parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu» (Jn 20, 29).

 

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