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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Périr

 

 

Périr

 

Ce qui semble périr se change seulement.

 

Jean-Baptiste Chassignet  (1571-1635)

 

 

 

Pour accéder à autre chose, il faut faire le deuil de son état actuel. Comme le disait Lavoisier dans le domaine scientifique : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ». Rien de ce que nous avons fait n’est perdu, ne serait-ce que pour l’expérience acquise si nous avons erré. Inversement, si nous souhaitons aller plus loin, il nous faut renoncer à notre situation présente. Je me souviendrai toujours de l’exemple donné par un professeur de management à l’université qui avait vu un employé agir de façon à se rendre indispensable dans son rôle. Si cela lui avait pratiquement « garanti » son emploi, en revanche l’employeur ne lui avait jamais accordé de promotion puisqu’il n’y avait personne pour le remplacer. Quel qu’ait été mon employeur, j’ai toujours travaillé, dès le premier jour, pour que l’on puisse se passer de moi, notamment par la délégation et la formation des subalternes. Je n’ai jamais eu à le regretter, étant disponible pour toute opportunité qui se présentait qu’elle provienne de l’organisation où je me trouvais ou, exceptionnellement, de l’extérieur. Venait-on à ne plus avoir besoin de moi dans un rôle donné que l’on m’en assignait un autre. Jamais ne me suis-je senti prisonnier dans un rôle pas plus que mes employeurs ne sont considérés dépendants de moi, chacun jouissant d’une grande liberté.

 

Dans la vie spirituelle, il faut également mourir, principalement à soi-même, pour accéder à autre chose de meilleur : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd; et qui hait sa vie en ce monde la conservera en vie éternelle » (Jn 12, 24-25). Qu’est-ce que mourir à soi-même ? C’est servir les autres de préférence à se servir comme le font malheureusement trop de personnes en autorité : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur. Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous : car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mc 10, 42-45). Peut-on se prendre à rêver d’un monde meilleur car plus spirituel au sens où l’entend Jésus, à savoir un monde où le service de l’autre aura préséance ? Se dépouiller du vieil homme, qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, pour se renouveler par une transformation spirituelle de son jugement et revêtir l'Homme nouveau, qui a été créé selon Dieu, dans la justice et la sainteté de la vérité (Ép 4, 22-24) et que survienne déjà l’avènement sur terre du Royaume d’amour espéré pour l’éternité !

 

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