Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui
29 Avril 2010 Pensées
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Procrastination
À force de remettre à plus tard, la vie nous dépasse.
Le plus grand empêchement à la vie, c'est l'attente, que tient en suspens le lendemain. Tu perds le jour actuel : ce qui est aux mains de la Fortune, tu le veux régler; ce qui est aux tiennes, tu le lâches. Que prétends-tu? Où élances-tu ton être? Tout ce qui est à venir repose sur l'incertain. Vis dès cette heure. Que tardes-tu? Qu'attends-tu? Si tu ne t'empares de ce jour, il fuit; quand tu t'en seras emparé, il fuira encore. Il faut donc combattre la rapidité du temps par la promptitude à en user
– Sénèque (4-65)
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Pourquoi remettre à plus tard quand nous savons tous qu’il est préférable d’agir dès maintenant ? Les raisons ne manquent certes pas, mais il en est deux qui se distinguent et auxquelles il convient de s’adresser si nous sommes pour mettre fin à cette vilaine tendance : la présomption de nous-mêmes et le souhait, souvent inavoué, qu’une situation difficile se règle d’elle-même nous évitant une intervention qu’il nous coûte d’effectuer. Combien de fois ressemblons-nous au lièvre de la fable de Lafontaine et reportons-nous à plus tard le moment d’agir, convaincus que nos capacités physiques et intellectuelles sauront compenser le temps perdu en inaction ! D’autre part, ce qui est pénible aujourd’hui ne le sera pas moins demain et, généralement, une mauvaise situation va rarement en s’améliorant si nous ne faisons rien, tout au mieux se maintient-elle quand elle ne se dégrade pas ou se complexifie davantage rendant encore plus ardue la tâche de s’y attaquer.
Dieu interpelle l’homme depuis les temps anciens. Il ne s’agit pas d’un appel à tous mais personnel que les textes sacrés manifestent dans l’utilisation par Dieu du nom de l’interpellé : « Abraham! Abraham » (Gn 22, 1), « Moïse, Moïse » (Ex 3, 4) appel auxquels prophètes, apôtres et disciples répondent promptement « Me voici » ou se mettent immédiatement en action : « Aussitôt… » (Mt 4, 20). À qui se justifie pour différer sa réponse, Jésus dit : « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu » (Lc 9, 62).
Dieu appelle les croyants à le rencontrer via les sacrements, notamment le sacrement de réconciliation dans lequel nous reconnaissons non seulement nos faiblesses et nos fautes mais notre besoin du secours divin que Dieu ne saurait refuser à qui reconnaît humblement ses limites : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes et la vérité n'est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de tout ce qui nous oppose à lui. Si nous disons que nous ne sommes pas pécheurs, nous faisons de lui un menteur et sa parole n'est pas en nous. Mes petits enfants, je vous écris pour que vous évitiez le péché. Mais, si l'un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. Il est la victime offerte pour nos péchés, et non seulement pour les nôtres, mais encore pour ceux du monde entier » (1 Jn 1, 8-10; 2,1-2). Le sacrement de réconciliation n’est-il pas le lieu de repos où se soulager du poids de ses fautes ? « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger » (Mt 11, 28-30). La raison pour laquelle nous remettons à plus tard l’usage de ce sacrement n’est-elle pas la présomption de nous-mêmes ? N’est-ce pas là ce qui mène Jésus à faire l’éloge des humbles ? « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l'as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l'as voulu ainsi dans ta bonté » (Mt 11, 25-26). Qui se sent faible et petit accepte sans délai tout secours offert.