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Méditations sur les enseignements bibliques pour le quotidien d'aujourd'hui

Se comparer

 

 

Se comparer

 

It's simply a matter of doing what you do best and not worrying about what the other fellow is going to do.

 

  John R. Amos  (1939-        ) 

 

C’est simplement une question de faire de votre mieux et ne pas se préoccuper de ce que l’autre va faire.

 

 

Se préoccuper des autres est inutile. Faisons-nous mieux qu’eux que cela peut nous inciter, la paresse aidant, à en faire un peu moins et leur offrir alors l’opportunité de se rapprocher de nous, voire de nous rattraper et parfois même de nous dépasser. Leur performance paraît-elle supérieure à la nôtre que cela peut certes nous stimuler mais également rajouter à la pression de vouloir bien faire qui, elle, peut malheureusement influencer négativement les résultats en raison de la nervosité qu’elle engendre. Pire encore, voir que l’autre se situe à un niveau qui semble hors de portée peut nous décourager. Heureux l’homme que rien ne trouble et va son chemin sans se soucier des autres ne se mesurant qu’à lui-même. Sa performance est-elle non seulement plus constante mais aussi d’un niveau supérieur à celle de qui se soucie inutilement de ce qui se passe autour de lui. Qui se préoccupe des autres ressemble à un coureur de sprint qui, par le seul fait de détourner quelque peu la tête pour voir où en sont rendus ses adversaires, perd quelques centièmes de secondes qui permettent parfois à son plus proche rival de venir le coiffer au fil d’arrivée.

 

La lecture des Évangiles démontre aux spirituels qu’ils doivent se garder de se comparer aux autres.  Jamais n’attirent-ils la sympathie de Jésus, bien au contraire. Comme le dit Marie, mère de Jésus et modèle des croyants, dans le Magnificat, Dieu dans sa miséricorde abaisse les puissants et élève les humbles : « Mon âme exalte le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon sauveur, parce qu'il a jeté les yeux sur l'abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom, et sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur  superbe. Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles, Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde, -- selon qu'il l'avait annoncé à nos pères -- en faveur d'Abraham et de sa postérité à jamais! » (Lc 1, 46-55).

 

Ce qu’il peut être facile de se comparer. Nous trouvons-nous dans une position enviable que nous nous gonflons d’orgueil, méprisant au passage ceux qui ont plus de difficultés, ce que Jésus ne manque pas de condamner, d’une part parce que nous manquons au devoir de charité envers autrui et, d’autre part, parce que nous nous abusons nous-mêmes en nous croyant justes : « Si nous disons: "Nous n'avons pas de péché", nous nous abusons, la vérité n'est pas en nous » (1 Jn 1, 8). Tel est le sens de la parabole du pharisien et du publicain : « Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: Mon Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont rapaces, injustes, adultères, ou bien encore comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que j'acquiers. Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine, en disant: Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis! Je vous le dis: ce dernier descendit chez lui justifié, l'autre non » (Lc 18, 11-14).

 

Les apôtres, pourtant intimes de Jésus, dépositaires privilégiés de son enseignement, ne sont pas exempts de la tentation de se comparer les uns aux autres tel que le rapporte Luc : « Une pensée leur vint à l'esprit: qui pouvait bien être le plus grand d'entre eux? Mais Jésus, sachant ce qui se discutait dans leur cœur, prit un petit enfant, le plaça près de lui, et leur dit: "Quiconque accueille ce petit enfant à cause de mon nom, c'est moi qu'il accueille, et quiconque m'accueille accueille Celui qui m'a envoyé; car celui qui est le plus petit parmi vous tous, c'est celui-là qui est grand." » (Lc 9, 46-48).

 

Parfois, nous nous comparons aux autres pour nous plaindre de notre sort, cherchant à attirer la sympathie d’autrui sur nous et même accéder à une situation qui nous paraît plus enviable que la nôtre. C’est le cas de Marthe qui était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit: "Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule? Dis-lui donc de m'aider." Mais le Seigneur lui répondit: "Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses; pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part; elle ne lui sera pas enlevée." (Lc 10, 40-42). Les spirituels, laïcs, consacrés et prêtres, ne sont pas exempts de la tentation d’envier le sort de ceux qui ont un état de vie différent du leur, celui de prêtre suscitant es plus d’envie que les autres en raison du prestige qui s’y rattache à certaines époques. Comme le rappelle Jésus, qui se refuse à entrer dans le jeu de Marthe, chacun a un rôle à jouer dont il doit s’acquitter au meilleur de sa connaissance. Il n’y a pas de sot métier comme le dit la sagesse populaire. Dans la tentation, rappelons-nous que la responsabilité s’accroît avec l’attrait du rôle : « À qui on aura donné beaucoup il sera beaucoup demandé, et à qui on aura confié beaucoup on réclamera davantage » (Lc 12, 48).

 

D’autres fois, nous nous comparons indirectement aux autres en les rendant responsables du malheur qui les afflige, sous-entendant qu’il ne nous arrive pas pareil sort car nous avons une meilleure conduite. Jésus ne manque pas de remettre les pendules à l’heure : « Pensez-vous que, pour avoir subi pareil sort, ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens? Non, je vous le dis, mais si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous pareillement. Ou ces dix-huit personnes que la tour de Siloé a tuées dans sa chute, pensez-vous que leur dette fût plus grande que celle de tous les hommes qui habitent Jérusalem? Non, je vous le dis; mais si vous ne voulez pas vous repentir, vous périrez tous de même » (Lc 13, 2-5). Plus près de nous, l’écrivain Dany Laferrière se fait à raison le défenseur de ses frères haïtiens que certains, dont un pasteur américain renommé, n’hésitent pas à tenir pour responsables des calamités qui les frappent.

 

Jésus effectue-t-il lui-même une comparaison que c’est pour exalter le faible, pour démontrer que la valeur que Dieu accorde aux hommes n’a rien à voir avec leur condition sociale : « Levant les yeux, il vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. Il vit aussi une veuve indigente qui y mettait deux piécettes, et il dit: "Vraiment, je vous le dis, cette veuve qui est pauvre a mis plus qu'eux tous. Car tous ceux-là ont mis de leur superflu dans les offrandes, mais elle, de son dénuement, a mis tout ce qu'elle avait pour vivre" » (Lc 21, 1-4).

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